Conférenciers principaux

(Nous en rajouterons sur cette page au fur et à mesure que leur participation sera confirmée.)

Dr. Alex Abramovich

Le docteur Alex Abramovich s’intéresse à la question de l’itinérance chez les jeunes LGBTQ2S depuis plus de dix ans. Il est un chef de file reconnu à l’échelle internationale dans le domaine et un des rares chercheurs canadiens à étudier le phénomène de l’itinérance des jeunes queers et trans. Au fil des années, Alex a sans cesse appelé au changement de politiques et de pratiques visant à améliorer les vies des jeunes LGBTQ2S.

Alex est un scientifique au Institute for Mental Health Policy Research au Centre de toxicomane et de santé mentale (CAMH) et est un professeur adjoint à la Dalla Lana School of Public Health de l’Université de Toronto. En tant que chercheur qualitatif, communautaire et axé sur l’action, il oriente son travail sur l’itinérance des jeunes et des jeunes adultes LGBTQ2S, la santé des LGBTQ2S et l’utilisation des soins de santé par la population transgenre.

Les recherches d’Alex ont entraîné une reforme radicale des politiques et des pratiques, dont le lancement du tout premier programme de logements de transition pour jeunes LGBTQ2S au Canada et le développement de stratégies municipales et provinciales qui abordent la question de l’itinérance des jeunes LGBTQ2S. Il a également été invité à travailler avec de nombreuses initiatives internationales et à offrir ses conseils.

Alex est dévoué à mener des recherches qui engagent la collectivité de manière éthique et avec succès et qui font des jeunes personnes LGBTQ2S en situation d’itinérance des diffuseurs et des créateurs de savoir.

Susan Aglukark

Au cours d’une carrière qui s’étend sur plus de 25 ans, le périple de cette auteure-compositrice-interprète l’a conduit à réfléchir sur son identité, ses origines et l’importance de la découverte – la découverte de son histoire, de sa culture et de son être.

Susan est la première artiste Inuk à remporter un Juno (3) et un Prix du Gouverneur général pour les arts de la scène pour la réalisation artistique de toute une vie; elle est Officière de l’Ordre du Canada, détient plusieurs doctorats honorifiques et a donné des représentations officielles. Mais Susan reconnaît aussi qu’il n’a pas toujours été facile d’en arriver là.

«Je menais une vie que je n’aurais jamais imaginé possible, mais je luttais pour savoir qui j’étais. Nous n’avions pas la possibilité de grandir en sachant qui nous étions, nous, les Inuits, selon notre propre perspective. En substance, on nous institutionnalisait en nous dictant qui nous étions et comment vivre, et quand on vous raconte la même histoire pendant aussi longtemps, vous finissez par la croire», explique Susan.

Au cours de ces 25 dernières années de réflexions et de compositions, Susan retournait encore et encore à cette dimension de connaissance profonde; les Inuits sont un peuple extraordinaire profondément ancré dans une culture forgée par leurs ancêtres, façonnée par leur périple.

 «L’expérience de leur vie est la fondation sur laquelle reposent nos préceptes de détermination, d’adaptation et d’amour pour la vie, lorsqu’ils ont commencé leur voyage jusqu’au Nunavut moderne» (extrait d’une déclaration de Susan au Walrus).

«Les débats au sujet de la réconciliation nous ont apporté la possibilité de commencer la réécriture de notre histoire. Les peuples autochtones du Canada proviennent de sociétés hautement organisées fondées sur les connaissances, les processus et l’organisation, sans lesquels aucun d’entre nous n’aurait pu survivre.»

Pour Susan, l’art a joué un rôle crucial dans son processus de guérison et la réécriture de son histoire; elle est aussi persuadée qu’il joue un rôle essentiel pour le jeune Autochtone qui affronte des problèmes d’identité modernes. «Nos enfants et notre jeunesse sont forts et résistants, ils croient toujours très fort en leur culture, les cultures inuit ou autochtones, et ils poursuivent cette lutte de tous les jours pour trouver leur place.»

«Ils ont besoin de se rattacher à une identité, et beaucoup de ces connexions se retrouvent chez nos ancêtres et leurs histoires, et notre devoir et responsabilité sont d’engager nos enfants et notre jeunesse dans un processus de connexions avec ces histoires et de les aider à les écrire.»

Susan a toujours été très ouverte quant à ses propres peurs et aux traumatismes personnels qui l’ont désillusionnée et déconnectée. Les années formatrices de ses parents, nés à Arviat, dans le Nunavut, ont baigné dans la culture traditionnelle inuit, à l’opposé des siennes qui ne furent pas traditionnelles et quelque peu déconnectées avec sa culture.

Malgré le succès qu’elle connut dans les années 90, elle souffra en 98 de dépression post-partum et se retrouva dans l’obscurité, ayant besoin de temps pour réfléchir et guérir; les sept années de réflexions qui suivirent lui permirent de se consacrer plus profondément à sa carrière de compositrice-interprète. C’est ainsi que débuta ce que Susan appelle son «réveil». Tout en tirant davantage parti de sa culture et du pouvoir et de la résistance de la culture inuit, présente sur cette terre depuis plus de 5 000 ans, Susan engagea l’artiste qui sommeillait en elle et tomba amoureuse des arts du spectacle, du partage des histoires et de la chanson.

«Nous avons une culture et un passé extraordinaires et nous devons saisir cette chance pour apprendre à connaître nos propres héros, bâtir les ponts culturels et restructurer qui nous sommes dans le monde d’aujourd’hui.»

Par l’entremise de sa musique, Susan continue de partager les expériences qu’elle a vécu en tant qu’Inuk grandissant à Nunavut, ainsi que les difficultés qu’affrontent les communautés du Nord et les jeunes autochtones.

Susan participe activement à des projets divers pour apporter nourriture et soutien aux communautés du Nord, et en 2016, la Arctic Rose Foundation a obtenu le statut d’organisme caritatif dont les objectifs sont d’aider les jeunes du Nord grâce aux arts et à d’autres projets créatifs engageants.

Leilani Farha

Leilani Farha est la Rapporteuse spéciale des Nations Unies pour le Droit à un logement convenable, le contrôleur le plus important au monde en matière de logement. Elle a entrepris de raviver l’idée que le logement est un bien social et non un atout ou un bien.

Fahra occupe cette position depuis 2004, et elle a présenté des rapports sur l’itinérance, la connexion entre le logement et la vie même, et le traitement du logement comme une denrée et ses conséquences pour les gens pauvres ou issus de la classe moyenne. Elle s’est déplacée en Inde, au Chili et au Portugal entre autres pour enquêter sur la façon dont les gouvernements respectaient leurs obligations en matière de respect des droits de la personne et du logement. Fahra a lancé une nouvelle initiative appelée The Shift, un mouvement mondial demandant que chacun voit le logement comme un droit de la personne et non une comme un bien.

Avocate de formation, Fahra a oeuvré pendant toute sa carrière à faire progresser les droits des pauvres et des marginalisés. Directrice exécutive de l’ONG Canada Sans pauvreté, elle a joué un rôle primordial dans le lancement du défi constitutionnel historique contre l’inaction gouvernementale face à l’augmentation de l’itinérance au Canada. Une université canadienne lui a récemment attribué un doctorat honorifique en reconnaissance de son travail, ainsi que le Prix Barbra Schlifer pour sa dévotion à la cause des droits des femmes.

Waneek Horn-Miller

Après avoir surmonté la discrimination et le traumatisme, Waneek Horn-Miller est devenue une des militantes et athlètes olympiques les plus inspirantes de l’Amérique du Nord.  Ayant figuré sur la couverture de la revue TIME et joué un rôle important dans l’enquête nationale sur les femmes et filles autochtones disparues et assassinées, Waneek encourage nos collectivités à surmonter l’adversité et nous aide à assurer que la réconciliation, ou en d’autres termes la justice, la guérison et le dialogue, devienne une pierre angulaire de nos institutions nationales.

Tout au long de sa vie, Waneek Horn-Miller a toujours défendu les justes causes, tant à titre de mère, de militante et d’athlète que de femme d’affaires, même si cela l’a forcé à faire des choix difficiles et lui a causé des douleurs et des sacrifices. Mais cet engagement a également fait d’elle une des personnes les plus influentes du Canada. Cette année, elle a assumé le rôle de directrice d’engagement communautaire dans le cadre de l’Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées. Tout en connectant la commission avec les familles des victimes et avec le public, elle a prêté son visage reconnu et digne de confiance à une initiative des plus importantes – une initiative qui recherche la justice, qui contribue à sensibiliser le public quant à la violence faite aux femmes autochtones et qui favorise la guérison et la réconciliation. 

Sa vie publique débuta en 1990 lorsqu’elle avait 14 ans. Durant la crise d’Oka, elle protesta contre la construction de condominiums et d’un terrain de golf sur les terres traditionnelles et les lieux de sépulture Kanien’kehá:ka (Mohawk) à proximité de Montréal. Après avoir fait face à la GRC et aux forces armées pendant près de 80 jours, elle fut blessée à la poitrine par un soldat canadien qui brandissait sa baïonnette. Une photo d’elle blessée, tenant sa petite sœur dans ses bras, avait alors été partagée par tous les médias du pays et suscita une meilleure compréhension des questions autochtones ainsi qu’un intérêt renouvelé chez les Canadiens.

Après avoir frôlé la mort de si près, la vie de Waneek  prit un tournant. Au lieu de succomber à ce véritable traumatisme et au TSPT, elle trouva la force de poursuivre et de réaliser des choses incroyables.

«Je fais partie d’un peuple qui a connu une histoire horrible», dit-elle. «La guerre, la mort, la famine, le génocide. Combien de fois mes ancêtres auraient-ils pu abandonner, tomber et mourir? Mais ils ont résisté. Ils se sont battus pour continuer. Il faut aller de l’avant.»

Mais c’est dans le domaine de l’athlétisme que Horn-Miller a accompli une de ses plus grandes réalisations. «Dans le monde autochtone, le sport représente bien plus que quelque chose qui vous permet de rester actif physiquement», nous dit-elle. «Il prévient le suicide. Il donne de l’estime de soi. Il développe un caractère de leadership.» Elle a été la première femme à recevoir le titre d’Athlète de l’année à l’Université Carleton, et ce pendant quatre années d’affilée. Après avoir mérité la médaille d’or avec son équipe de water-polo aux Jeux panaméricains de 1999, et après avoir gagné le titre de joueuse la plus utile lors du championnat national de water-polo féminin, elle est devenue la première femme Mohawk au pays à participer à des Jeux olympiques en tant que capitaine adjointe de l’équipe canadienne à Sydney en 2000. Cette même année-là, elle est apparue en couverture de la revue TIME. Cette photo est devenue emblématique : la dignité, la prestance et le pouvoir sont venus remplacer la douleur et la frayeur, et cela représentait un jalon important pour les athlètes autochtones. Elle remporta la médaille de bronze aux championnats du monde de la FINA de 2001 et a porté le flambeau olympique aux Jeux olympiques d’hiver à Turin. Elle a été nommée une des femmes les plus influentes du Canada dans le monde du sport par l’Association canadienne pour l’avancement des femmes, du sport et de l’activité physique.

Lorsqu’elle se retira de sa vie d’athlète, elle commença à aider les autres à réussir dans le monde du sport et à mener des vies saines et équilibrées. Elle a été Chef de mission adjointe d’Équipe Canada aux Jeux panaméricains de 2015. Elle est également l’animatrice du documentaire Working it Out Together, une série de 13 émissions et une initiative sur l’alimentation saine produite sur le Réseau de télévision des peuples autochtones. Cette émission a pour but de bâtir un mouvement autochtone de changement positif qui accueille des leaders dynamiques experts en santé et des hommes et femmes courageux qui apprennent comment atteindre le bien-être et aller de l’avant. Ses travaux ont été récompensés par le Prix culturel DAREarts.

Elle est également une ambassadrice des Manitobah Mukluks, la marque de chaussures de renommée mondiale qui a été portée par Kate Moss, Jessica Biel et Megan Fox. La marque Manitobah Mukluks, reconnue pour être de propriété autochtone et fièrement canadienne, appuie les communautés autochtones, partage son succès avec les autres, garde les traditions en vie et célèbre l’histoire vivante − un mélange captivant de mode, de qualité et de responsabilité sociale.